facade baroque du Museo de Historia de Madrid unpapamadrid.com

Musée d’histoire de Madrid :
visite, œuvres et secrets

Gratuit et situé près du métro Tribunal, le musée d’histoire de Madrid permet de comprendre la ville à travers ses tableaux, ses plans, ses maquettes et ses objets. On y découvre un Goya à l’histoire mouvementée, le Madrid de 1830 en miniature et des scènes qui donnent une autre épaisseur aux rues que l’on connaît.

Une visite en famille demande un peu de vigilance : admirer un tableau tout en surveillant des enfants, c’est une discipline artistique à part entière.

Pour l’ambiance, imaginez une sorte de mini Prado consacré à Madrid. C’est passionnant, mais assez classique : des œuvres à observer, des gardiens dans les salles et des distances à respecter. Les mains restent dans les poches. Enfin, idéalement.

Sommaire

Quiz : avez-vous l’œil pour les secrets de Madrid ?

Un portrait royal effacé, des militaires qui désobéissent, une capitale sans Gran Vía… Vous avez bien suivi ? Choisissez votre niveau : Explorateurs, pour jouer en famille, ou Détectives, pour ceux qui aiment les détails.

Dix questions par niveau, une seule bonne réponse à chaque fois. Chaque réponse s’accompagne d’une explication : même si vous vous trompez, vous repartez avec une histoire. Les œuvres, elles, ne vous en voudront pas.

Que raconte le musée d’histoire de Madrid ?

Le Museo de Historia de Madrid, ancien musée municipal, suit principalement l’évolution de la ville depuis 1561, lorsque Philippe II y installe sa cour, jusqu’aux premières décennies du XXe siècle.

On traverse le Madrid des Habsbourg, appelés Austrias en espagnol, puis celui des Bourbons. Plans, portraits et scènes de rue montrent comment une ville de cour devient une grande capitale. Les porcelaines, éventails et photographies racontent aussi les métiers, les goûts et la vie quotidienne.

Attention à la chronologie : les dernières salles ne constituent pas une histoire complète du Madrid contemporain. Ne venez pas en attendant un parcours détaillé sur la guerre civile, le franquisme ou la Movida. Les expositions temporaires peuvent, elles, aborder des périodes plus récentes. [1][2]

Quel est ce bâtiment à la spectaculaire façade baroque ?

Le musée occupe la partie conservée de l’ancien Hospice royal de l’Ave María et de San Fernando, qui accueillait des personnes pauvres et des orphelins. On y enseignait aussi des métiers : le bâtiment raconte donc déjà une histoire sociale de Madrid.

Dans les années 1721 à 1726, Pedro de Ribera agrandit et transforme les lieux. Sa façade, surtout son portail exubérant, compte parmi les grands exemples du baroque madrilène. Le reste du mur est relativement sage ; autour de la porte, manifestement, on avait décidé de se faire plaisir.

Au début du XXe siècle, l’ensemble menace ruine. Une mobilisation permet de sauver notamment la façade, la première partie du bâtiment et la chapelle, protégées en 1919. Après l’exposition El Antiguo Madrid de 1926, le musée municipal ouvre ici en 1929. [3]

À regarder avant d’entrer : le contraste entre les lignes simples du bâtiment et la profusion décorative du portail. C’est un premier petit jeu d’observation, sans même avoir franchi la porte.

Vous pouvez également lire :

Quelles œuvres faut-il regarder de près ?

Matadero -Abattoir et marché aux bestiaux - Luis Bellido y González - unpapamadrid.com
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Le 2 mai 1808 : les militaires qui ont désobéi pour défendre les Madrilènes

Le 2 mai 1808, une partie de Madrid se soulève contre les troupes napoléoniennes. L’armée espagnole a pourtant reçu l’ordre de rester dans ses casernes. Au parc d’artillerie de Monteleón, des militaires choisissent de rejoindre la résistance populaire.

Parmi eux : les capitaines d’artillerie Luis Daoiz et Pedro Velarde, ainsi que le lieutenant d’infanterie Jacinto Ruiz, accompagné de soldats des Voluntarios del Estado. Il ne s’agit donc pas de deux régiments entiers, mais d’artilleurs et d’hommes d’une compagnie d’infanterie qui prennent part à la défense.

Des armes sont distribuées aux habitants. Les Français finissent par l’emporter : Velarde est tué pendant les combats, Daoiz meurt de ses blessures quelques heures plus tard. Ruiz survit à cette journée, mais décède quelques mois après. [4][5]

Deux tableaux de Manuel Castellano racontent ces événements : Muerte de Daoiz y defensa del parque de Monteleón, présenté en 1862, et Muerte de Velarde, présenté en 1864. [6]

Dans le premier, cherchez Daoiz blessé, appuyé contre une pièce d’artillerie. Sur la droite, un officier de la garde polonaise soutient Velarde mourant. Castellano construit une scène héroïque à partir d’un récit historique, plus de cinquante ans après les faits : une interprétation de l’événement, pas un reportage. [7]

Le lien avec votre promenade : l’ancien parc se trouvait à l’emplacement de l’actuelle Plaza del Dos de Mayo, tout près du musée. L’arc de Monteleón qui subsiste sur la place est un vestige de ce lieu. En sortant, on peut passer du tableau au quartier. [8]

Le Goya dont on changeait le contenu quand le pouvoir changeait de mains

Allegorie de la ville de Madrid Francisco de Goya unpapamadrid.com e1793202100187

Dans L’Allégorie de la ville de Madrid, peinte en 1810, regardez l’ovale portant l’inscription « Dos de mayo ». À l’origine, Goya y avait représenté Joseph Bonaparte, devenu roi d’Espagne.

Puis la politique s’en mêle. Le portrait laisse place au mot « Constitution », revient au retour des Français, puis disparaît de nouveau. Ferdinand VII occupe ensuite l’ovale. D’autres modifications suivent jusqu’à l’inscription actuelle. Le cadre était solide ; la ligne éditoriale, beaucoup moins.

Toutes ces interventions ne sont pas de Goya : plusieurs peintres ont participé aux changements. L’ironie est belle : une œuvre commandée pour représenter Joseph Bonaparte finit par rappeler le soulèvement contre les troupes françaises.

Le détail à chercher : derrière la femme qui personnifie Madrid se cache un chien, symbole de fidélité. Un petit personnage discret dans un tableau qui, lui, a dû s’adapter à beaucoup de monde. [9]

La mort du comte de Villamediana : faits divers et rumeurs de cour

Autre tableau de Castellano, autre histoire mouvementée : La Mort du comte de Villamediana, peinte en 1868, appartient au Prado et est déposée au musée d’histoire.

Le 21 août 1622, ce poète mordant et personnage turbulent de la cour de Philippe IV est assassiné près de l’église San Ginés. Les récits entourant sa mort mêlent rivalités amoureuses, jalousie royale et prétendue liaison avec la reine.

Mais gardons les deux pieds dans l’histoire : les rumeurs font partie du personnage, elles ne constituent pas une résolution de l’enquête. Castellano représente son corps transporté dans le portail de la demeure familiale, en s’appuyant sur un récit de Quevedo.

Voilà une scène où tout le monde semble avoir entendu quelque chose, sans forcément posséder toute l’histoire. Madrid avait déjà ses conversations de comptoir ; il lui manquait surtout WhatsApp. [10]

La maquette de 1830 : Madrid sans la Gran Vía

Modèle de Madrid de León Gil de Palacio, réalisé en 1830 - unpapamadrid.com

La grande maquette de León Gil de Palacio représente Madrid en 1830. Commandée par Ferdinand VII et réalisée avec des assistants en environ 23 mois, elle mesure près de 5,21 × 3,53 mètres, à l’échelle 1:816. [11][12]

Le plus amusant est parfois de chercher ce qui manque : la Gran Vía n’est pas encore percée et les quartiers de l’Ensanche ne sont pas construits. La ville reste ceinte par la clôture établie sous Philippe IV. [2]

Observez aussi les cours intérieures et les espaces libres entre les bâtiments. Cette précision fait de la maquette une source précieuse pour comprendre l’ancien Madrid. Une sorte de vue satellite, avec beaucoup de patience et nettement moins de satellites.

En famille : cherchez un monument connu, puis comparez ses alentours avec ceux d’aujourd’hui. La maquette a été restaurée en 2025. Sa salle pouvant fermer ponctuellement pendant des activités voisines, vérifiez son accessibilité si vous venez spécialement pour elle. [11]

Les porcelaines du Retiro : Charles III avait emporté ses artisans

Avant de régner en Espagne, Charles III avait créé la manufacture de Capodimonte, près de Naples. Lorsqu’il fonde celle du Buen Retiro en 1760, il fait venir des artisans spécialisés, de l’outillage et de la pâte destinée à produire la porcelaine.

Certains déménagent avec leur service à café ; Charles III fait venir ceux qui savent le fabriquer. La manufacture madrilène est surnommée « La China ». [13]

Les porcelaines du musée racontent ainsi un Retiro qui fut aussi un lieu de production et de savoir-faire. Regardez la diversité des usages et des décors : derrière les objets délicats, il y a des techniques, des ateliers et une économie du luxe. [1]

Sorolla sans plage : un autre visage de Madrid

On associe volontiers Joaquín Sorolla aux plages et aux lumières méditerranéennes. Avec Caserío de los barrios bajos madrileños, daté de 1883, changement de décor : le peintre s’intéresse aux maisons des quartiers populaires de Madrid.

Cette petite huile sur bois mesure environ 28 × 17 centimètres. On pourrait passer devant en cherchant quelque chose de plus spectaculaire. Ce serait dommage : elle donne une place aux logements ordinaires, loin des grandes mises en scène de la monarchie. [14][15]

Après plusieurs salles de souverains, cela fait du bien de se rappeler que Madrid avait aussi des habitants qui devaient payer leur loyer.

Le plan de Teixeira : retrouver ses repères dans le Madrid de 1656

évolution urbaine de la ville de Madrid - 1656 - unpapamadrid.com

La Topographia de la villa de Madrid, de Pedro de Teixeira, date de 1656. Ses vingt feuilles gravées montrent rues, places et principaux bâtiments à l’époque de Philippe IV. [2]

Cherchez la Plaza Mayor, puis comparez les environs aux lieux que vous connaissez. L’intérêt est ce passage entre une ville familière et une ville qui ne l’est plus tout à fait.

Le défi fonctionne aussi pour les adultes : connaître trois bars à Malasaña ne garantit pas encore une parfaite maîtrise de la topographie madrilène.

Comment organiser sa visite du musée ?

Lors de notre passage, nous avons retrouvé les plans et les maquettes au niveau inférieur, une exposition temporaire au rez-de-chaussée et le parcours historique dans les étages. Fiez-vous à la signalétique du jour : mieux vaut suivre les périodes que mémoriser les numéros d’étages.

L’exposition temporaire que nous avons vue présentait des photographies actuelles de Madrid, vraiment très belles. Une manière de revenir à la ville d’aujourd’hui après avoir parcouru ses siècles passés. Ce programme change : consultez le site du musée pour connaître l’exposition du moment.

Pour une première visite, notre sélection : la maquette, les tableaux de Monteleón, le Goya et les porcelaines. Ajoutez ensuite ce qui attire votre regard. Ce sont des œuvres à découvrir, pas une liste de courses à terminer.

À titre de conseil, prévoyez 45 minutes à une heure pour une découverte ciblée avec de jeunes enfants, ou 1 h 30 à deux heures pour explorer davantage les salles et lire les explications.

Le musée d’histoire de Madrid est-il adapté aux enfants ?

Oui, pour des enfants curieux et une visite bien dosée. Mais soyons francs : ce n’est pas un musée où l’on touche et manipule. Au musée tiflológico de la ONCE, les mains participent à la découverte ; ici, il faut les retenir.

Le règlement demande de rester à distance des œuvres, notamment un mètre pour celles accrochées au mur, et de garder les enfants auprès des adultes. Les gardiens veillent au respect de ces règles : avec des petits qui explorent volontiers au toucher, les parents ont aussi du travail. [16]

ÂgeNotre conseil de parents
Moins de 3 ansVisite surtout pour les adultes, courte et éventuellement en poussette.
4 à 6 ansChoisir quelques œuvres et transformer l’observation en petits défis.
7 à 12 ansBon âge pour les maquettes, les comparaisons avec la ville et le quiz.
AdosIntéressant pour l’histoire, la peinture et les liens entre art et pouvoir.

Ces repères restent subjectifs. Le bon objectif : trois découvertes dont ils se souviendront, plutôt que toutes les salles au pas de charge. L’entrée étant gratuite, revenir n’est pas un drame budgétaire.

Pour une autre sortie, consultez notre guide des musées à visiter avec des enfants à Madrid. Et si la météo vous a poussés à l’intérieur, voici d’autres idées pour profiter de Madrid en famille quand il pleut.

Quels sont les horaires, le prix et les accès ?

InformationÀ retenir
Nom officielMuseo de Historia de Madrid
AdresseCalle de Fuencarral, 78, 28004 Madrid
MétroTribunal, lignes 1 et 10
EntréeGratuite
Horaires habituelsMardi à dimanche, 10 h–20 h
Horaires d’étéDu 15 juin au 15 septembre : mardi à dimanche, 10 h–19 h
FermetureLundi ; 1er et 6 janvier, 1er mai, 24, 25 et 31 décembre
PoussettesAutorisées
AccessibilitéRampe d’entrée, ascenseurs et toilettes adaptées
PhotographiesSans flash dans la collection permanente ; restrictions possibles dans les expositions temporaires
Grands sacsSacs de plus de 40 cm et autres objets indiqués par le règlement à déposer à la consigne
Site officielInformations et programmation du musée

L’évacuation des salles commence dix minutes avant la fermeture. Horaires et accès aux salles pouvant changer, consultez le site officiel avant de partir. [16][17]

Questions fréquentes sur le musée d’histoire de Madrid

Oui, l’entrée est gratuite. C’est pratique pour une visite courte ou pour revenir découvrir d’autres salles.

Au 78, calle de Fuencarral, à quelques pas de la station Tribunal, desservie par les lignes 1 et 10 du métro.

Le lundi, ainsi que les 1er et 6 janvier, le 1er mai et les 24, 25 et 31 décembre. Vérifiez les éventuelles modifications sur le site officiel.

Nous conseillons 45 minutes à une heure pour une sélection d’œuvres, et 1 h 30 à deux heures pour une visite plus approfondie. Il s’agit d’une estimation de visite, pas d’une durée imposée.

L’Allégorie de la ville de Madrid, peinte en 1810. Son ovale a changé plusieurs fois au gré des régimes politiques.

Au musée d’histoire de Madrid. La salle peut fermer ponctuellement lors d’activités voisines : vérifiez son ouverture si cette pièce motive votre déplacement.

Oui, les poussettes sont autorisées et des ascenseurs sont disponibles. Avec des petits, nous conseillons un parcours court : les objets ne se touchent pas et les enfants doivent rester près des adultes.

Oui, sans flash dans la collection permanente et sans gêner la circulation. Les expositions temporaires peuvent appliquer d’autres restrictions.